Violations et atrocités au Soudan : Guterres appelle à mettre fin au cauchemar
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a lancé un cri d’alarme poignant mardi, exhortant à mettre un terme au « cauchemar » de la violence qui déchire le Soudan. Depuis des mois, le pays est plongé dans un conflit d’une brutalité inouïe, et le chef de l’ONU a averti que la situation humanitaire et sécuritaire était en train de devenir « incontrôlable ».
Une crise humanitaire qui s’aggrave
L’appel pressant de M. Guterres a été lancé lors d’une conférence de presse en marge du deuxième Sommet mondial pour le développement social à Doha, au Qatar. Il a sommé les parties belligérantes, à savoir l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF), de « venir à la table des négociations et de mettre fin à ce cauchemar de violence, maintenant ». Ses mots résonnent comme un ultime avertissement face à l’indifférence grandissante de la communauté internationale.
Les chiffres, pourtant, parlent d’eux-mêmes. Selon les dernières estimations des Nations Unies, le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts. Pire encore, il a provoqué le déplacement de près de 12 millions de personnes, créant ainsi la pire crise humanitaire actuellement recensée dans le monde. Des millions de Soudanais sont confrontés à l’insécurité alimentaire, à la pénurie de soins médicaux et à la destruction pure et simple de leurs moyens de subsistance.
L’exode massif depuis le Darfour
La situation sur le terrain ne cesse de se dégrader. Un nouvel afflux de dizaines de milliers de déplacés fuyant l’avancée des combats dans une vaste région à l’est du Darfour a été rapporté. Ce nouvel exode massif intervient à peine une semaine après la capture stratégique de la ville d’El-Fasher, capitale du Nord-Darfour, par les Forces de soutien rapide. La chute de cette ville, dernier bastion de l’armée régulière dans la région, a marqué un tournant dramatique dans le conflit et a ouvert la voie à de nouvelles violences.
El-Fasher servait de refuge à des centaines de milliers de personnes déjà déplacées par les combats précédents. Sa prise par les RSF a non seulement créé un vent de panique, mais elle a aussi exposé les civils à un risque accru d’atrocités, dans un sinistre rappel des crimes commis au Darfour il y a deux décennies.
La justice internationale s’empare du dossier
Face à la gravité des événements, la justice internationale est entrée en scène. Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a publié lundi une déclaration des plus sévères. Il a explicitement averti que les atrocités commises par les RSF à El-Fasher pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Dans un communiqué officiel, le bureau du procureur, basé à La Haye, a déclaré : « Ces atrocités s’inscrivent dans un schéma plus large de violences qui ravage l’ensemble de la région du Darfour depuis avril 2023. De tels actes, s’ils sont avérés, pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au regard du Statut de Rome », le texte fondateur de la Cour.
Un schéma de violence qui persiste
Cette mise en garde souligne la nature systématique et répétée des violences. Elle établit un lien direct avec les crimes pour lesquels des responsables soudanais avaient déjà été poursuivis par le passé. La mention du « schéma plus large de violences » indique que la CPI considère ces exactions non pas comme des incidents isolés, mais comme une campagne coordonnée, ce qui alourdit considérablement la responsabilité des commandants des RSF.
Alors que les rapports faisant état d’exécutions sommaires, de violences sexuelles et de destructions de villages se multiplient, la pression judiciaire pourrait devenir un outil crucial pour tenter de ramener un semblant d’humanité dans un conflit qui en a si cruellement manqué.
Un appel dans l’indifférence générale ?
L’appel désespéré d’Antonio Guterres et les mises en garde de la CPI parviendront-ils à percer le mur de l’indifférence ? La crise soudanaise, bien que qualifiée de pire au monde, peine à retenir l’attention médiatique et politique de manière durable, éclipsée par d’autres conflits géopolitiques.
Pourtant, chaque jour qui passe sans action concrète de la communauté internationale aggrave le calvaire de millions de civils. La fenêtre pour éviter une catastrophe aux proportions bibliques se referme rapidement. La demande du Secrétaire général des Nations Unies est claire : il faut une cessation immédiate des hostilités et un engagement sincère dans un processus politique. Sans cela, le cauchemar soudanais n’aura pas de fin.
Source : Algérie Patriotique – Crédit : R. I.










